Dans les archives du journal L’horizon – la bien-aimée Lucille Bastarache

Lucille Bastarache

Lucille Bastarache

Née à Chelmsford le 13 mars 1934, Lucille Bastarache a vécu toute sa vie dans différentes villes du Nord en passant par Hearst, Timmins, Moonbeam et Kapuskasing. Pendant 25 ans, cette femme généreuse a accueilli dans son foyer, (avec son conjoint Laurier), des enfants de tout âge provenant de l’Aide à l’enfance de Kapuskasing . Elle les a guidés, soignés, et surtout, elle les a aimés. Plus de 120 enfants ont pu ainsi trouver chez Lucille un refuge temporaire aimant et sécuritaire. À l’âge adulte, plusieurs de ces enfants sont revenus saluer celle qu’ils appelaient bien affectueusement Mémé Bastarache.

Cette Grande Dame au coeur d’or est décédée en 2003, mais jamais elle ne sera oubliée. Sa nièce Suzanne Girard Whissell m’a fait parvenir un texte paru dans le journal L’horizon, édition du 22 juin 2001 (volume 6, no 20). Cliquez sur le lien suivant pour lire l’article. Le texte raconte la vie courageuse de Lucille et d’une famille canadienne-française du Nord de l’Ontario à partir de l’époque des années 30. Veuillez noter qu’il y a numérisation incomplète de la colonne de droite de l’article, mais vous pouvez tout de même lire le texte aisément.

Lien pour lire l’article : La grande générosité de Mémé Bastarache

NOTE : Les familles d’accueil constituent un moyen de fournir un foyer temporaire aux enfants qui ne peuvent plus vivre de façon sécuritaire avec leurs parents ou les personnes qui en sont responsables. Les parents de familles d’accueil fournissent les soins quotidiens à un enfant au nom d’une société d’aide à l’enfance. http://www.children.gov.on.ca

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Chloé Mailloux raconte le combat des femmes en temps de guerre

Chloé Mailloux

Chloé Mailloux

Chloé Mailloux est une jeune auteure franco-ontarienne qui réfléchit à la lutte des femmes et à leur influence sur la société canadienne.

Étudiante à l’école secondaire Franco-Cité à Nipissing Ouest, Chloé a écrit un texte qui met en lumière le trajet des femmes qui ont fait évoluer les mentalités canadiennes au cours du siècle dernier, tant par les gestes qu’elles ont posés que par les paroles qu’elles ont prononcées. Le sujet de sa réflexion porte plus particulièrement sur les femmes qui ont contribué à l’effort de guerre en terre canadienne et outre-mer. En choisissant ce sujet, la démarche de Chloé s’inscrit, elle aussi, dans les gestes des femmes d’influence en Ontario français.

Selon Chloé, si les filles de sa génération sont libres de faire ce qu’elles veulent aujourd’hui, c’est en partie grâce au combat des femmes en temps de guerre. Elle a obtenu un Prix d’histoire du gouvernement du Canada en 2015 pour son texte inspirant que voici. Nous lui offrons nos plus sincères félicitations !

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Le Canada a beaucoup évolué en tant que pays au cours du dernier siècle. L’un des plus grands changements ressortis de cette époque a été l’acceptation de la femme comme étant égale à l’homme. Ce pas important vers l’évolution fut réalisé lors des deux guerres mondiales mais c’est surtout durant la Première Grande Guerre de 1914 à 1918 que l’évolution a débuté. La Première Guerre mondiale a eu l’incidence la plus importante sur la vie des femmes au Canada car pour la première fois, elles ont ressenti un sentiment de fierté et d’utilité au sein de leur pays. La contribution des femmes lors de la Première Guerre mondiale a donné naissance à une nouvelle mentalité chez les Canadiens : que les femmes avaient la capacité de faire autre chose qu’être mère au foyer. Les Canadiens ont pris conscience pendant la Première Guerre mondiale, que les femmes pouvaient travailler à l’extérieur de leur cuisine et ainsi, contribuer à l’économie canadienne. La Seconde Guerre est venue assurer la continuité d’une étape importante dans l’histoire du Canada bien amorcée par la Première Guerre.

C’est durant la Première Guerre mondiale que les femmes ont pris les responsabilités laissées par les hommes (leurs frères, leurs maris et leurs fils) qui devaient aller au front. Du jour au lendemain, les Canadiennes ont assumé les responsabilités familiales à elles seules. Plusieurs hommes ont perdu la vie durant la guerre et elles ont dû faire plusieurs sacrifices au cours de cette période. L’indépendance des femmes a certainement entraîné de la souffrance, mais en même temps, cette Première Guerre mondiale leur a donné plusieurs opportunités. La Première Guerre a permis aux femmes de prouver qu’elles étaient capables de gérer un pays et de fournir un effort semblable à celui que les hommes apportaient sur le marché industriel. Malgré le fait qu’elles travaillaient dans des usines depuis les années 1880, les femmes n’avaient jamais travaillé dans l’industrie lourde. Cependant, au début de la Première Guerre, il ne restait pas suffisamment d’hommes pour occuper tous les postes de l’industrie lourde donc ils ont été accordés aux femmes. Presque 30 000 femmes se sont mises à travailler dans les usines de munition en plus des autres femmes qui travaillaient dans les fonderies, les ateliers, les usines de construction d’avion et les chantiers navals.[1] Les femmes ont aussi trouvé des emplois dans les domaines des transports, de la force policière, de la fonction publique, des banques, des compagnies d’assurance et des fermes.

Monument aux infirmières

Monument à la mémoire des infirmières Première Guerre mondiale http://postalhistorycorner.blogspot.ca/

En plus d’occuper des emplois au Canada, plusieurs femmes ont traversé l’Atlantique afin de travailler auprès des hommes. Bien qu’elles ne pouvaient pas se battre, 2 400 infirmières canadiennes se sont occupées des soldats canadiens et alliés dans les hôpitaux militaires. Certaines d’entre elles ont ensuite été reconnues pour leur courage et le Monument commémoratif des infirmières militaires situé au Parlement à Ottawa rend hommage à leur service.[2] Pour la première fois dans l’histoire, les femmes se sentaient importantes et capables d’oeuvrer ailleurs qu’au sein de leur famille.

Les nouveaux rôles joués par les femmes les ont poussées à s’affirmer davantage et à s’impliquer dans la vie publique. Elles ont commencé à prendre leur place dans les domaines sociaux tels que le journalisme, le travail social, l’enseignement et la santé publique. De plus en plus, on voyait des femmes se lancer en médecine et en droit. Elles voulaient se faire reconnaître. Dans les grandes villes, les femmes demandaient de meilleures conditions de travail, des logements plus adéquats et une amélioration de l’hygiène et certains groupes offraient de la formation pour les femmes.

Les femmes ont aussi réclamé le droit à la propriété foncière. Des réformatrices telles que Emily Murphy ont persuadé des législateurs à adopter des lois telles que le Married Women’s Relief Act, qui accordait aux veuves une partie de l’héritage de leurs maris.[3] Les femmes revendiquaient des choses qu’elles n’avaient jamais demandées auparavant et plusieurs lois ont été passées pour leur accorder plus de droits. Leurs façons de penser avaient complètement changées. Les suffragettes continuaient de militer pour le droit de vote. Leur première victoire fût le 26 janvier 1916 pendant la Première Guerre mondiale, alors que les femmes obtenaient le droit de vote aux élections provinciales du Manitoba. En 1914, Nellie McClung, leader du mouvement Political Equality League avait affirmé au Premier Ministre du Manitoba Rodmond Roblin « qu’elle et ses partisans finiraient par avoir sa peau. »[4] Quelques mois plus tard, l’Ontario, la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique ont suivi en accordant elles aussi le droit de vote aux femmes. Durant la Première Guerre en 1917, le gouvernement canadien a passé la Loi des élections en temps de guerre qui citait que toutes les femmes infirmières de l’armée et les femmes ayant un fils, mari ou frère dans l’armée pouvaient voter aux élections fédérales.[5] Grâce à leurs efforts pendant la Première Guerre mondiale, les femmes du Canada ont obtenu le droit de vote en 1918.[6]

Durant la Première Guerre mondiale, les femmes ont pratiqué des emplois qui, avant, étaient donnés uniquement aux hommes. Cette contribution importante a ouvert les yeux aux Canadiens qui ont commencé à comprendre que les femmes étaient aussi importantes que les hommes. Le rôle des femmes durant la Première Guerre mondiale a changé la perception complète de l’image de la femme au Canada. Grâce à l’importance de la guerre, les stéréotypes masculins et féminins ont commencé à disparaître et cette nouvelle vision a inspiré le monde d’aujourd’hui où hommes et femmes peuvent évoluer de façon égale. L’évolution de la femme a inspiré d’autres groupes minoritaires à lutter eux aussi pour obtenir des droits tels que les Premières Nations, les immigrants et les étudiants souhaitant à leur tour s’émanciper comme les femmes l’ont fait pendant la Première Guerre mondiale.

[1] Jacques Paul COUTURIER et Réjean OUELLETTE, L’expérience canadienne, des origines à nos jours, page 284.

[2] ANCIENS COMBATTANTS CANADA, « Infirmières militaires du Canada », page consultée le 9 avril 2015. http://www.veterans.gc.ca/fra/remembrance/those-who-served/women-and-war/nursing-sisters

[3] Garfield NEWMAN, Regard sur le Canada, Montréal, Chenelière, page 97.

[4] MANITOBIA. Ressources numériques sur l’histoire du Manitoba, « Les femmes obtiennent le vote », page consultée le 11 avril 2015. http://manitobia.ca/content/fr/themes/wwv.

[5] Garfield NEWMAN, Regard sur le Canada, Montréal, Chenelière, page 97.

[6] Jacques Paul COUTURIER et Réjean OUELLETTE, L’expérience canadienne, des origines à nos jours, page 286.

NOTE : Ce texte fut également publié dans La Tribune de Nipissing Ouest.

PRIX : http://www.histoirecanada.ca/Prix-Histoire/Prix-pour-eleves/Textes-gagnants?year=2015