UN SIÈCLE DE VIE BIEN REMPLIE : Laurette Lafrenière Corneillier de Verner

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Le 22 janvier 2017, Laurette Lafrenière Corneillier de Verner a célébré son 100e anniversaire de naissance. Quel grand jour ! Née à St-Damien-de-Brandon au Québec, Laurette était une jeune enfant lorsque sa famille prit racine dans le Nord de l’Ontario à Verner.

Enseignante de formation, Mme Corneillier a traversé le 20e siècle et fut témoin de générations en évolution constante au contact de ses élèves et de sa famille élargie, ainsi que ses multiples voyages en Amérique du Nord et en Europe. J’ai demandé à sa nièce Carole Lafrenière-Noël si elle voulait bien nous raconter quelques bribes de la vie de sa tante centenaire. Voici le fruit de leur rencontre où elles ont discuté de ses souvenirs… 

5.4Les plus vieux souvenirs de tante Laurette remontent à cette fameuse photo de famille alors que la famille Lafrenière se présenta chez le photographe du village de Verner (un certain M. Beauparlant) pour une photo officielle en 1922. Comme c’était la coutume à cette époque, tout le monde était bien sérieux sur la photo ! Tante Laurette avait alors 5 ans.  Elle était très mignonne avec ses cheveux que grand-mère lui bouclait à l’aide de guenilles. La famille de Cuthbert Lafrenière et Alexandrina Maxwell Lafrenière était composée de 13 enfants, du plus vieux, Albert, à la plus jeune, Laurette (rangée avant, la petite à droite).

Tante Laurette se souvient qu’elle marchait environ 1 mille et demi pour aller à l’école de campagne de Verner qui réunissait les enfants de la première à la 8e année. Étant la plus jeune d’une grande famille, ma tante dit ne pas avoir été gâtée par ses parents qui étaient très occupés avec toute la maisonnée. Mais elle se souvient que sa sœur, Marie-Anna, la prenait souvent sur ses genoux.

Tante Laurette est fière de dire que quelques membres de sa famille ont eu la chance d’obtenir une éducation, ce qui était plutôt rare à cette époque. Ayant gradué du cours classique, l’aîné Albert devint comptable. Un autre frère, Athanase, a complété un cours commercial et fut gérant de banque, alors que Rosa et Laurette devinrent enseignantes.

À l'école St-Gonzague

École S-Louis-de-Gonzague, Sudbury. 18 juin 1934

Laurette est allée à l’école de Verner jusqu’à la 10e année. Ensuite, elle fut pensionnaire au Couvent des Soeurs Grises à Sudbury et a fréquenté l’école St-Louis-de-Gonzague (11e et 12e) qui était située tout près de l’église Ste-Anne.

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En 1935-36, Laurette suivit une formation d’enseignante à l’École normale de l’Université d’Ottawa. Par la suite, elle enseigna à Lavigne (photo ci-dessous), Mattawa (photo à droite), Blezard Valley, St-Charles et Sudbury. Mais sa mère étant gravement malade, Laurette fit le sacrifice de quitter son emploi d’enseignante pour prendre soin de sa mère à Verner. L’année 1950 s’est avérée particulièrement difficile puisque son père décéda le 28 décembre, suivi de sa mère à peine quelques jours plus tard, le 1er janvier 1951.

18.9Peu après le décès de ses parents, Laurette décida d’aller visiter Élisa Gilbeault, une tante maternelle qui vivait à St-Paul, en Alberta. D’autres familles et parenté originaires de St-Damien vivaient dans l’Ouest aussi et, malgré la distance et les moyens de communication limités de l’époque, les gens conservaient leurs précieux liens et déployaient les efforts pour se voir en dépit du temps qui passait et des distances à parcourir. Il y avait, par exemple, la famille Grandchamps qui vivait à Verwood, Saskatchewan (tout près de Willowbunch). Albertine, la soeur de Laurette, correspondait avec cette famille qui s’arrêtait à Verner lorsqu’ils retournaient visiter leur village natal au Québec. Il faut se rappeler que le téléphone n’était pas encore installé dans toutes les maisons à cette époque. La correspondance écrite était le moyen par lequel les familles dispersées se donnaient des nouvelles. Laurette se souvient qu’elle avait environ 20 ans lorsque la famille Lafrenière a eu son premier téléphone au village de Verner.

C’est à la suite de l’une de ces visites chez la famille Lafrenière à Verner qu’Edmond Corneillier dit Grandchamps commença à fréquenter Laurette Lafrenière. Tous les deux étaient des célibataires d’âge mur qui gagnaient leur vie. Edmond passait ses étés sur la ferme familiale en Saskatchewan et partait tous les automnes en direction du Québec avant de passer l’hiver en Floride. Imaginez le périple surtout quand venait le temps de traverser la ville de New York !  Les chemins et la signalisation n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, sans compter qu’il n’y avait certainement pas de système de navigation GPS!

C’est donc le 30 décembre 1954 qu’Edmond Corneillier, 48 ans, épousa Laurette Lafrenière qui avait alors 37 ans.  Dès lors, le couple prit l’habitude de passer l’été en Saskatchewan le temps de faire les semences et récolter le blé. À l’automne, c’était le retour à Verner pour passer l’hiver. Tante Laurette faisait de la suppléance à l’école de Verner pour remplacer des enseignantes qui devaient quitter temporairement leur travail pour un congé de maternité.

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Le couple Corneillier aimait voyager. Quand ils étaient dans l’Ouest, ils en profitaient pour aller visiter les montages Rocheuses et la région de Banff.  À d’autres moments, ils recevaient la visite de leurs frères et soeurs de Verner qui décidaient d’entreprendre la grande excursion vers l’Ouest ! Comme Edmond n’aimait pas prendre l’avion, Laurette voyageait à l’occasion seule ou en compagnie d’autres personnes. Elle s’est jointe à deux reprises à un groupe d’enseignantes pour voyager à travers les États-Unis. À l’âge de 54 ans, ma tante a entrepris un voyage en Europe avec sa belle-soeur Germaine nouvellement veuve (conjointe d’Albert Lafrenière).

1780743_10152250653302351_366900909_nAu cours de sa vie, Laurette a eu l’occasion de faire 85 voyages et de visiter tous les continents. À toutes les décennies, tante Laurette continue de nous surprendre par sa bonne forme, ses connaissances et son esprit vif. En janvier 2018, elle a fêté son 101e anniversaire de naissance, et en ce sens, on ne peut que lui souhaiter une longue vie en santé entourée de ses ami(e)s et de la famille.

Sa nièce, Carole Lafrenière-Noël

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Laurette Lafrenière Corneillier et sa nièce Carole Lafrenière-Noël à Verner en 1961

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2 réflexions sur “UN SIÈCLE DE VIE BIEN REMPLIE : Laurette Lafrenière Corneillier de Verner

  1. Et voilà les aventures de la cousine de mon grand-père Romulus Maxwell.
    Ma mère, Noëlla Maxwell, parlait souvent de Cuthbert Lafrenière.

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