Lucie et Fernand Lafrenière racontent un souvenir de l’école de campagne à Verner

À quoi pouvait ressembler une journée typique dans une école de campagne du Nord de l’Ontario? En se rappelant quelques souvenirs qu’ils ont racontés à leur soeur Carole Lafrenière-Noël, Lucie et Fernand Lafrenière, frère et soeur, nous invitent dans leur classe à Verner pendant les années 50. Vous verrez que la situation était loin d’être de tout repos pour l’enseignante !

Lafrenière

Rangée du haut, de gauche à droite: Raymonde Piquette; Jeanne Brouillette; Marcel St-Amour; Estelle Lafrenière; Maurice Rainville; Normand Brouillette; Rachel Piquette; Henri St-Amour; Carmel St-Amour; Alcide Gagnon Rangée du centre, de gauche à droite: Marcel Arbour; Bernard Glenzman; Hubert Gagnon; Rhéal Brouillette; Lucie Lafrenière; Huguette Rainville; Gaëtanne Brouillette; Lorraine Brouillette; Marielle Rainville. Rangée du bas, de gauche à droite: Gilles Beaudry; Paulette Beaudry; Micheline Rainville; Carmen Gagnon; Évelyne Arbour; Carmen Brouillette.

Lucie part la balle…

Quand j’étais enfant, dans les années 50, j’allais à l’école de campagne dans le rang Caldwell numéro 4, située à environ 2 milles de chez moi (ou 5 milles du village de Verner). Matin et soir, je marchais à l’école avec mon sac d’école et mon dîner, accompagnée de ma sœur Estelle et de mon frère Fernand. Ce dernier se souvient même qu’en hiver on «partait à l’école avec un berger allemand attelé sur un petit traineau avec des lisses en métal». Le chien Rex arrêtait inévitablement chez pepére et memére St-Jean et, rendu à l’école, il se couchait par terre et nous attendait. Parfois il fallait le faire entrer à l’intérieur à cause du froid — attelage and all.

En route pour l’école, on arrêtait sans faute chez memére et pepére St-Jean pour rencontrer notre cousine Évelyne Sedor qui venait à l’école avec nous. On espérait toujours que memére nous dise «Prends-toi une croute dans le tiroir du bas». C’est que rien ne se gaspillait chez memére St-Jean ! Le pain sec était grillé pour qu’il se conserve plus longtemps. C’était les toasts Melba de cette époque ! Comme on grandissait et qu’on jouait beaucoup dehors, on avait toujours faim et la croute de memére faisait bien notre affaire!

Screen Shot 2014-11-05 at 7.05.47 PML’école du rang Calwell numéro 4 était fréquentée par une vingtaine d’enfants dont, entre autres, des petits Piquette, des Gagnon et des Rainville. Dans la classe, il y avait plus ou moins une rangée pour chaque année scolaire, de la première à la 8e année. On avait chacun un pupitre en bois et un cahier dans lequel on pouvait écrire nos leçons. Au beau milieu de la classe se trouvait un poêle à bois qui servait à chauffer la petite école d’une pièce pendant l’hiver.

Nos maîtresses d’école étaient très jeunes. Comme elles étaient âgées de moins de 20 ans, elles trouvaient ça plutôt difficile de maintenir la discipline auprès de cette ribambelle d’enfants de tout âge qui pouvaient être pas mal turbulents !

Fernand raconte à son tour…

C’est moi qui était le plus sage (rire ux éclats)! J’étais aussi le favori de la maîtresse, mademoiselle Désange Poirier. Comme j’entendais tout ce que la maîtresse enseignait aux autres enfants, j’apprenais ce qui s’enseignait dans les autres niveaux. Elle m’a donc fait sauter une année scolaire, soit de la 5e à la 7e année. Cette Désange Poirier était belle «en mautadit». J’étais tout jeune et j’étais en amour avec elle. MDR (mort de rire!) !

Lucie poursuit…

Je me souviendrai toujours d’un événement assez cocasse. C’était un beau jour d’automne. Les petites filles étaient grimpées sur la « shed » à bois de chauffage, tandis que les garçons étaient en bas et nous taquinaient. Parmi les gars se trouvaient Alcide Gagnon et Maurice Rainville, les p’tits tanants de l’école. Moi, j’étais en haut de la shed avec ma sœur Estelle et une p’tite Rainville. Les gars nous criaient : «Qu’est-ce que vous faites en haut là les filles?» Et une des filles répondait alors : «Je m’en vais me coucher». «Ah oui ? Et quoi encore ?» demandaient les p’tits gars, et l’une de nous de répondre : «J’enlève ma robe». Ah oui ?! «Et quoi d’autre encore?».

Ma sœur Estelle, qui était parmi les plus grandes, a eu le malheur de répondre : «j’enlève ma brassière» au moment même où notre maîtresse entrait dans la cour d‘école. Catastrophe! Dans ce temps-là, parler de brassière, c’était tout un sacrilège! Notre maîtresse, sans doute une p’tite Beaudry, nous a tous mis à genou sur l’estrade, autour de son pupitre! Eh bien, vous vous imaginez bien que le party a pogné! Les enfants ricanaient tellement que l’affaire a fini en queue de poisson. Et la maîtresse a dû se résigner à nous retourner à notre pupitre.

Et le lendemain… je vous laisse deviner la suite !

 

 

 

 

 

 

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