Lucette Lévêque se rappelle le dévouement de sa grand-mère Fernande

Au début des années 70, alors qu’elle était âgée de 12 ans, Lucette Levêque faisait partie du Club 4-H à Fauquier. L’animatrice avait alors demandé aux jeunes filles d’écrire l’histoire d’une personne célèbre. Qui choisir ? On lui fit la suggestion d’écrire l’histoire de sa grand-mère Fernande.

Qui était Fernande et pourquoi était-elle célèbre ? Eh bien, vous verrez qu’elle était une femme d’action, dévouée aux femmes et au développement de sa communauté d’origine et de sa communauté d’adoption. Femme d’engagement, Fernande fut active au sein des regroupements de femmes pendant six décennies.

Sa petite-fille Lucette a eu la gentillesse de s’inspirer du texte écrit de sa plume à l’âge de 12 ans et de ses souvenirs chaleureux pour nous présenter sa grand-mère «célèbre». Et aujourd’hui, comme hier, son cœur est gonflé de fierté quand elle nous parle de grand-maman Fernande… 

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Fernande Lévêque

Quand on m’a demandé de faire l’historique de ma grand mère Fernande, ça m’embêtait un peu, mais à bien y penser, c’est agréable en même temps — une grand-mère comme la mienne qui a été l’âme dirigeante des organisations sociales sur le plan diocésain et provincial pendant un si grand nombre d’années.

J’en aurais long à raconter à son sujet, mais ce que je tiens surtout à vous dire, c’est que ma grand-mère Fernande n’avait pas peur des sacrifices qui s’imposaient. Ce qui lui tenait à cœur plus que tout, c’était de voir les femmes et les filles d’une même paroisse, unies sous un même toit, vers un même but. Elle s’organisait toujours pour avoir une société unie.

Native du Lac St-Jean, ma grand-mère a commencé son oeuvre dans la province de Québec en 1945 en tant que dirigeante paroissiale. Par la suite, elle a suivi des cours de formation sociale dans le diocèse de Chicoutimi de l’Union Catholique des fermières, et de 1947 à 1951, elle fut dirigeante au niveau diocésain.

La famille déménagea dans le Nord de l’Ontario où ma grand-mère poursuivit son oeuvre. En 1952, elle fut la première présidente du Cercle des fermières de Fauquier et en 1954, elle fut responsable de la fondation de comité diocésain de Hearst à Cochrane où elle releva à nouveau le défi de présidente.

En 1958, ma grand-mère fut réélue à la présidence du Cercle de Fauquier. Quelques années plus tard, elle reprit aussi le flambeau de la présidence du diocèse. Au cours des années 60, elle a travaillé en étroite collaboration avec un agronome du gouvernement provincial (M. Demers) afin d’obtenir les services d’une économiste ménagère francophone pour le Nord. Son but a toujours été d’atteindre un plus grand nombre de jeunes filles par l’entremise des Clubs 4-H, qu’elle considérait comme étant un mouvement enrichissant pour les jeunes.

En 1969, sa santé défaillante et des obligations familiales la contraignent à se retirer des fonctions de présidence. Le 9 octobre 1969, le comité diocésain lui a organisé une fête surprise à Fauquier où tous les cercles étaient représentés. On honora ma grand-mère Fernande de compliments et on lui remit un trophée en guise de récompense pour son dévouement inlassable durant sa longue carrière au service de sa communauté.

Mais il n’était pas question pour ma grand-mère de cesser complètement ses activités. Oh non ! Elle n’était pas du genre à se reposer sur ses lauriers ! Son dévouement se poursuivit à titre de directrice générale au palier provincial, ce qui l’amena à se déplacer plusieurs fois par année pour participer aux assemblées du comité directeur à North Bay et à Ottawa.

À l’échelle locale, Fernande continua à encourager l’artisanat et faisait, elle-même, du tissage, du crochet, de la couture, de la broderie, de la peinture… Ma grand-mère, cette Grande Dame du Nord, a fait partie de tous les mouvements de la paroisse de Fauquier, dont les Femmes chrétiennes et l’Union Culturelle des Jeanne D’Arc. Elle fut aussi vice-présidente du comité de la liturgie de la paroisse de Fauquier pendant des décennies. Je n’oublierai jamais le travail et le dévouement de ma grand mère. Elle continue de m’inspirer chaque jour de ma vie. — L.L.

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NOTE HISTORIQUE SUR L’UNION CATHOLIQUE DES FERMIÈRES/L’UNION CULTURELLE DES FRANCO-ONTARIENNES préparée par Jeannine Ouellette

C’est dans la région de Kent et d’Essex qu’un regroupement de femmes, d’abord connu sous le nom de l’Union catholique des fermières de l’Ontario, s’est rassemblé pour la toute première fois en 1936.

Bien à leur insu, ces femmes venaient de donner naissance à ce qui allait devenir le plus important regroupement de femmes francophones dans toute l’histoire de l’Ontario ! À cette époque, des « cercles » comme ceux de Kent et d’Essex, se sont également formés dans l’Est ontarien à Casselman, Wendover, Embrun et Clarence Creek.

On a vu apparaître les premiers 8 cercles dans le Nord de l’Ontario, plus précisément dans le diocèse de Hearst, en 1956. Depuis ses débuts, l’UCF a élu de nombreuses présidentes dont 8 du Nord de l’Ontario. Fernande Lévêque fut la 2e femme du Nord élue à ce poste.

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